Attends… Pourquoi je fais ça, en fait ?

Petite, je suis vite devenue celle qui dévorait les livres. J’étais abonnée à « J’aime lire » puis « Je bouquine » grâce à mes tantes, à la question « que veux-tu comme cadeau ? » je répondais sans exception « des livres ». Sur quoi ? N’importe quoi, des livres. Au collège, il m’est arrivé de lire en marchant d’une salle à l’autre, dans la rue, ou avec le livre ouvert sur mes genoux pendant les cours. J’ai découvert internet au début du collège et je me suis roulée dans les fanfictions. J’en lisais, j’en écrivais, j’en mangeais, j’en faisais des nuits blanches. Dormir n’était qu’une perte de temps et m’empêchait de dévorer les mondes merveilleux germés entre les caractères.

J’étais une petite fille pédante, plaçant la lecture au-dessus de toute autre activité, à l’exception peut-être de l’écriture.
Mon petit frère jouait à des jeux vidéo. Moi aussi, mais beaucoup moins. J’aimais bien Pokémon, WarCraft II & III, la série des Myst (parce que les énigmes c’est sérieux, pas juste des gens qui se tirent dessus) et les point and click d’aventure comme Indiana Jones and the Lost Crusade ou Discworld (parce que il y avait un vrai scénario ; voyez, je m’exaspère toute seule). Je ne m’immergeais jamais assez dans un jeu vidéo pour m’y perdre entièrement comme dans un livre. Je les dédaignais et prenais mes rares incursions dans le monde vidéoludique à la manette et à la souris comme un plaisir coupable qu’on ne saurait savourer autrement que dans l’intimité.

Au lycée, je lisais toujours autant mais j’avais fait de la place pour binge-watcher des séries en bonne et due forme. Je ne m’en rendais pas compte, mais je commençais à quitter cette posture insupportable de ceux qui trouve une hiérarchie dans les différentes formes d’art.

Durant mes études supérieures, mes deux années en classe préparatoire ne me laissèrent que peu de temps de loisir. Si je parvenais à y glisser quelques volumes, au moment d’entrer à la fac, ma préférence s’était tournée vers les séries télé. Je suis persuadée qu’il existe une forte corrélation entre le visionnage obsessif de Dexter et mon passage à la deuxième session de mon 1er semestre de M1. Je suis tombée amoureuse du personnage de Gaius Baltar dans Battlestar Galactica. Les quelques épisodes de la série Pushing Daisies avaient un délicieux parfum de jamais vu. En dépeignant l’insipide monde de l’entreprise, The Office (UK & US) condensait malaise, empathie, WTF et fou rire en un seul épisode de 20 minutes. J’aimais le format des séries. Il permet des développement psychologiques moins archétypaux que dans les films. Je commençais tout de même à développer une frustration face à certaines faiblesses : un scénario trop usé, des dialogues invraisemblables truffés de lieux communs, des stéréotypes ahurissants de bêtise et de paresse.

Et puis, à travers une série de péripéties dont je ne comprend toujours pas les mécanismes à ce jour, je me suis retrouvée étudiante en thèse. Grâce au salaire en découlant, j’ai pu acheter un ordinateur avec l’intention de l’utiliser pour jouer. Oui. Finalement, j’en avais envie depuis longtemps, mais mon matériel trop vétuste m’interdisait l’accès aux titres récents. Or, mon dulciné rencontré à ce moment, jouait de manière intensive. J’avais aussi appris à brider mon mépris jusqu’à m’en défaire, j’étais donc disposée à recevoir et à absorber cette branche de l’art qui m’était jusqu’alors hermétique tout en me démangeant crescendo.

J’ai pu explorer des styles que je croyais sans aucun intérêt. J’ai revisité de vieux copains : les jeux d’énigmes et de stratégie, les RPG. J’ai confirmé mon incapacité à aiguiser mes réflexes : adieu jeux de rythme et plateformers punitifs. Et puis, j’ai développé une passion – presque un crush amoureux – pour un FPS [= First Person Shooter] : Borderlands 2. Je ne veux pas nécessairement développer, c’était juste incroyablement marrant et loin d’être avare en émotions, sans compter des personnages au relief inattendu pour un jeu dans lequel la principale activité et de cliquer sur la tête de ses ennemis.

Puis, j’ai enfin compris que ce qui, vraiment, faisait et ferait toujours plaisir à ma petite caboche c’était – paré de mots, de gameplay, ou d’images animées ou non – le récit.

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